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la dentelle de Valenciennes

 

Implanté à Valenciennes vers le milieu du XVIIe siècle, grâce à Françoise Badar, l'art de la dentelle y survécut difficilement après la Révolution mais il contribue encore largement au renom de la ville.
Au XVIIIe siècle, la « vraie Valenciennes » est l'une des dentelles aux fuseaux les plus chères et prisées, tant pour la clarté rigoureuse de ses fonds, la blancheur crémeuse de ses mats que pour l'élégance de ses dessins.
Au XIXe siècle, la « Valenciennes » est une dentelle aux fuseaux à fils coupés dont le plus gros producteur est la Belgique : on parle alors de « Valenciennes du Brabant » dont le décor, plus large, est de plus en plus naturaliste.
Les « Valenciennes mécaniques » reconnaissables à leur raideur inondent le marché à partir de 1850 .

 


les origines

 

La charte des passementiers de Valenciennes (1592) indique que le chef d'oeuvre des maîtres ouvriers consistait en « un passement spichil quarret, à la façon d'Anvers, à faire lasches », mais il ne s'agit sans doute pas encore de dentelle de lin. La plus ancienne mention de dentelle fabriquée à Valenciennes est due au prévôt et historien valenciennois Simon Leboucq selon lequel, en 1617, les religieuses de Sainte-Agnès enseignaient la technique de la dentelle dans leur école de la rue Capron.

C'est cependant à Françoise Badar, née à Valenciennes en 1624, que revient le mérite d'avoir définitivement acclimaté l'art de la dentelle à Valenciennes. Après un apprentissage du commerce et de la dentelle durant six années à Anvers, Françoise Badar revient à Valenciennes et y diffuse les points de Flandre et de Venise, ouvrant atelier sur atelier et construisant un premier réseau de commercialisation par de fréquents voyage à Bruxelles, Anvers, Ostende. Elle fonde en 1663 la congrégation des Filles de la Sainte-Famille bientôt appelée Badariennes, dévouée à l'éducation des filles pauvres, et aide à installer des ateliers à Arras et au Quesnoy avant de mourir en 1677.


Portrait de Françoise Badar © Bibliothèque de Valenciennes
 
 

la vraie Valenciennes

 

Après une période de marasme, la « Valenciennes » acquiert les caractéristiques qui la distinguent. C'est une dentelle aux fuseaux à fils continus caractérisée par un toilé très serré et uniforme, ainsi que par une finesse et une souplesse attribuées au climat particulier de la ville.... D'abord rondes, puis carrées après 1740, les mailles du réseau sont tressées sur tous les côtés.

Moins brillantes que les dentelles de Malines, celles de Valenciennes sont plus solides, ce qui les rend plus chères. La clarté rigoureuse des fonds, la blancheur crémeuse des mats, l'élégance des dessins de goût français font la renommée des « vraies Valenciennes » au XVIIIe siècle, par opposition aux dentelles ordinaires de même type fabriquées dans tout le Nord de la France, notamment à Bailleul, et en Belgique.

La « Valenciennes » connaît l'ère de sa plus grande prospérité de 1730 à 1770, avec plusieurs milliers d'ouvrières, et elle fait la fortune de négociants comme les Tribout .


© Bibliothèque de Valenciennes
 
 

la Valenciennes du Brabant

 

Le prix élevé de la Valenciennes, l'évolution de la mode vers plus de simplicité entraînent dès 1770 un fléchissement de la production qui s'effondre avec la Révolution.

Les tentatives faites au XIXe siècle pour ranimer la production, comme celle du préfet Dieudonné n'eurent pas d'effet durable. En 1840, il subsiste à peine 50 dentellières ; la coiffure offerte à la duchesse de Nemours est la dernière pièce importante produite à Valenciennes. Au XIXe siècle, la Valenciennes est une dentelle aux fuseaux à fils coupés dont le plus gros producteur est la Belgique : on parle alors de « Valenciennes du Brabant » dont le décor, plus large, est de plus en plus naturaliste. Les « Valenciennes mécaniques » reconnaissables à leur raideur inondent le marché à partir de 1850 .

A l'initiative de la Chambre de commerce et de la Ville, un cours de dentelle fut inauguré en 1908 mais il finit par disparaître faute d'élèves. L'idée fut reprise en 1926 dans le cadre des oeuvres sociales de la Compagnie des Chemins de fer du Nord puis dans celui des Ecoles académiques où, malgré quelques éclipses, un cours existe toujours.


© Bibliothèque de Valenciennes